Euro 2020

Le résumé honnête d'Espagne-Russie

Le résumé honnête d'Espagne-Russie
Super Igor a sauvé la nation ! - Iconsport

INCREÍBLE ! L'Espagne est éliminée de la Coupe du monde ! Après l'Italie en éliminatoires et l'Allemagne lors de la phase de poules, les trois derniers champions du monde sont désormais à la maison. Ultra-dominateurs mais indigents offensivement, les Espagnols se sont cassés le bec sur un bloc russe compact et qui n'espérait qu'une chose : défier les Ibériques aux tirs au but. Pari gagnant pour la Sbornaya désormais en quarts de finale de SON Mondial. Qui l'eut cru ?

VOUS AVEZ LOUPE LE MATCH ? PAS DE PANIQUE !

Ils tombent comme des mouches. Être un ancien champion du monde est semble-t-il le mal qui ronge les grosses nations depuis le début de cette Coupe du monde. La maladie revient même à la phase éliminatoire puisque le quadruple champion du monde italien était dehors avant même que la compétition ne démarre. Et depuis le 14 juin dernier, c’est une hécatombe : le tenant du titre allemand, le double champion du monde argentin et depuis cet après-midi les vainqueurs du Mondial 2010 espagnols, terrassés par le courage des Russes et leur volonté de fer de ne pas flancher. Un match qui ne restera pas dans les mémoires mais qui change énormément de choses pour les aboutissements à venir du Mondial 2018.

Que ce soit lors des grandes guerres du 19ème siècle ou encore à l’époque de l’Allemagne envahisseuse de la seconde guerre mondiale entre 1941-42, tous les conquérants se sont cassés les dents en tentant de prendre Moscou. Tous avaient appris à leurs dépens que le Russe ne renonce jamais. Dans notre époque de paix heureusement moins troublée et dans une entreprise purement sportive, l’Espagne s’est elle aussi manquée à l’heure de sa conquête moscovite et délaisse cette Coupe du monde en laissant une drôle d’impression. Son effectif de stars était en effet impressionnant et la capacité de ses joueurs à combiner l’était tout autant. À l’arrivée, les joueurs ibériques laisseront une marque de leur passage dans ce Mondial puisqu’avec 1114 passes réussies au Loujniki (!), ils ont tout simplement réussi le plus grand nombre de transmissions dans un match de toute l’histoire de la Coupe du monde. À l’arrivée, ils n’ont jamais su marquer que sur un contre-son-camp de Sergei Ignashevich. Une réflexion sur l’identité de jeu à l’espagnole va s’avérer nécessaire dans les prochains mois. Pas aidée non plus par le limogeage de Julen Lopetegui à quelques heures du début de la compétition, la Roja s’est appuyée sur un Fernando Hierro expédié dans l’urgence et manifestement dépassé dans le temps par le chantier offensif. Après un Mondial 2014 quitté en phase de poules et un Euro 2016 marqué par une élimination en huitièmes de finale, le ralentissement de la grande Espagne est désormais pleinement acté.

Il reste de cette rencontre que les pensionnaires du groupe A que sont l’Uruguay et la Russie seront toujours en lice en quarts de finale. Ceux du groupe B (Portugal, Espagne, Maroc, Iran) sont déjà tous à la maison. Désormais, la Sbornaya a plus que réussi sa compétition et avec un bloc aussi dur à bouger et solidaire, elle peut légitimement espérer bousculer quelques certitudes chez ses futurs adversaires. Oui, la Coupe du monde 2018 est la reine des surprises. Et côté français, dans le bal des tuniques étoilées qui s’effondrent, espérons que ce sera le tour du bleu ciel uruguayen et non pas du coq doré de rendre les armes à Nijni-Novgorod vendredi prochain.

LA NOTE DU MATCH (14/100) : 

Spectacle général (2/20) : Les deux points sont attribués à…la séance de tirs au but. Espagnols et Russes auraient dû commencer par-là, on se serait épargné 120 minutes d’un ennui mortel entre des Ibériques incapables de jouer verticalement et des Russes incapables de jouer tout court, obstinés à défendre et encore défendre. La purge du Mondial ! 

Occasions et buts (1/20) : Il paraît que l’Espagne a tiré 24 fois sur le but d’Akinfeev et la Russie 7 fois sur celui de De Gea. À l’arrivée, tout a été contré par des pieds, des jambes ou n’importe quel petit bout de corps qui trainait par-là. Parce qu’on n’a pas vibré. Du tout. Et voir un contre-son-camp ignoble d’Ignashevich rattrapé par un penalty de la grande perche Dzyuba, ce n’est pas vraiment affriolant. Jeff Tuche, reviens !

Qualité technique (5/20) : Ah la maitrise technique espagnole est impressionnante. La qualité de tenue du ballon est splendide, inégalable. Par contre, pour marquer des buts et accélérer dans les derniers mètres, c’est nada. Une belle berline avec une direction assistée dernier cri sur laquelle on aurait oublié d’installer un moteur. Côté russe ? Les deux arrêts d’Akinfeev étaient nettement plus ravissants pour l’œil que les tentatives de dribbles de Smolov. Pour être un poil technique, il faudrait jouer au football. Ou essayer au moins.

Scénario et suspense (5/20) : Le scénario à lui tout seul valait son pesant d’or. L’élimination de l’Espagne par la Russie, il fallait quand même avoir une sacrée grosse boule de cristal pour la caler dans son combiné du week-end. Cela reste un événement absolument marquant de l’histoire de ce Mondial. Mais attendre les tirs au but pour stresser un tant soit peu, ça sent quand même le synopsis très mal alambiqué. En plus, on s’est endormi deux fois en première mi-temps, trois fois en seconde. 

Bonus/Malus du jury (1/20) : Pour cette catégorie, on vous explique, on part de 10/20 à chaque coup d'envoi et on fait gonfler ou baisser la note selon nos propres critères subjectifs (on est le jury, on fait ce qu'on veut) :

  • -5 pour le staff espagnol. Avec des joueurs pareils, il y avait moyen de faire mieux. Beaucoup mieux. Le chat qui ronronne appelle des caresses. Cette Espagne féline manquait sérieusement d’affection.
  • -5 pour la Russie et sa stratégie ultra-défensive. Par moment, ce n’était plus du football mais une entreprise de maçonnerie collective. Alors le succès du plan, c’est cool pour les supporters, nettement moins pour les suiveurs.
  • +3 pour Isco. Avec onze joueurs comme lui, l’Espagne s’adjugerait les cinq prochaines compétitions internationales à venir. Malheureusement, les joueurs ibériques ont été bien incapables de jouer sur leur pièce maitresse.
  • -3 pour David De Gea. Il paraît que les grands gardiens se montrent lors des grands moments d’histoire. Lui à l’école, il devait préférer la géographie. David de géo.
  • +2 pour Igor Akinfeev. L’homme du match ! Assuré, rassurant, déterminé et déterminant. Il sort une parade réflexe du pied sur Iago Aspas. Il n’a qu’à se coucher sur le tir tout mou de Koke mais se coucher c’est parfois la clef pour remporter une partie de poker. Igor à tes fesses !

4 GIFS QUI EN DISENT LONG

QUEL SPECTACLE !

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Isco perdu dans le collectif espagnol

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"Voilà ce que j'en fais moi de vos stars espagnols !"

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